Plongez au cœur de la nuit avec Johann Roques
Avant d’animer Les mots du soir toutes les nuits sur France Bleu, Johann Roques gèrait déjà son propre podcast d’échange avec des célébrités, Heure Indue. Il revient sur cette expérience.
PM : Est-ce que le podcast t’a apporté des choses pour ton émission sur France Bleu ?
La personne qui m’a proposé de faire l’émission avait déjà posé l’oreille sur le podcast, je pense, et a suffisamment aimé pour se projeter. Pour dire « Tiens, ce serait intéressant de présenter ça en long format ». Même si ce n’est pas un exercice d’animateur, Heure Indue est un programme, un petit film sonore. Des conversations comme dans la vraie vie, mais en podcast. Il y a cette recherche de l’authenticité. Ce serait le point commun. Souvent, les gens me téléphonent dans l’émission en m’annonçant « J’ai écouté ton podcast, j’avais l’impression d’être avec toi, de te connaître déjà ».
PM : D’où est venu Heure Indue ?
Mon meilleur ami vit à Los Angeles. Quand on s’appelle, ici c’est la nuit, pour lui c’est l’après-midi. En lui racontant mes jours, il m’a dit « Fais quelque chose de tout ça ». On a commencé à réfléchir à un podcast où l’idée est de s’immerger dans la nuit, en donnant à l’auditeur le sentiment d’y être, chaque épisode avec un compagnon de route différent.
PM : Tu as parfois du mal à contacter tes invités ?
La principale difficulté du casting, c’est de trouver le bon partenaire, capable de passer la nuit avec un lascar comme moi. Et c’est l’une des rares émissions, à ma connaissance, où il n’y a pas de promo de l’invité. Il n’est question que de la personne à mes côtés. Elle doit accepter de changer la règle, de jouer à un jeu légèrement différent de ce qu’on voit partout dans les médias, quand tout le monde a quelque chose à vendre. Et il faut que moi, j’aie envie de passer trois ou quatre heures avec cette personne, de manière un peu égoïste, être curieux de lui parler. Nous ne sommes pas obligés d’avoir le même point de vue, au contraire – souvent, mon propre avis ne m’intéresse pas.
PM : En plus de l’interview, il y a une vraie écriture, on a l’impression d’écouter un polar.
Je ne sais pas si j’aime écrire, mais j’aime lire. Il y a des narrations, on entend ce qui se passe entre deux personnes, et la voix off vient expliquer ce qu’il y a dans leur tête. Ce qui est parfois différent de ce qu’ils font lors des interactions réelles. Un peu plus sombre, d’où le côté fantasmatique du polar. La nuit est sombre, dans tous les sens du terme. C’est un mélange de drôle et de grave, comme une comédie italienne. J’ai aussi à cœur la production sonore.
PM : Techniquement, tu utilises quoi pour tourner ?
Zoom, des micros, et Audacity pour le montage. Cette partie, je n’y connais pas grand-chose. La com’ sur les réseaux non plus, je réponds juste aux messages. Mais le podcast arrive à vivre tout seul, même sans nouveaux épisodes.
PM : Des conseils à quelqu’un qui veut se lancer ?
Faire quelque chose qui n’existe pas. Et construire ce que, nous, on aimerait écouter.
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