Duel au sommet pour les enregistreurs de podcast


Difficile de trouver le bon équilibre entre facilité d’utilisation et performance pour les consoles d’enregistrement de podcast. Des paramètres de réglage trop complexes déroutent le débutant et des options limitées frustrent les utilisateurs avancés ! Les fabricants Zoom et Tascam ont relevé le défi et sorti deux consoles similaires, mais d’approches assez différentes, révélatrices de leur positionnement respectif.

Les deux consoles remplissent parfaitement leur office et sont accessibles à des utilisateurs novices de matériel de mixage.

Le fabricant Zoom (aucun lien de parenté avec le logiciel de visioconférence) est connu pour ses enregistreurs portables, tandis que Tascam dispose d’une large gamme de consoles pour auditorium. Cette approche plutôt “nomade” d’un côté et “studio” de l’autre se reflète assez bien dans l’ergonomie des deux consoles. Le PodTrak P8 joue la compacité et la légèreté pour une utilisation en mobilité et autonomie, puisqu’il comprend un compartiment de 4 piles AA. Il peut tenir dans un sac à dos et servir à l’enregistrement de podcast en intérieur ou de musique en extérieur. Elle dispose de 6 entrées microphones XLR et de 6 retours casque pour les intervenants. Chaque entrée est identifiée par un code couleur qui se retrouve sur les curseurs de niveau et les prises jack de sortie pour les casques, ainsi que les potentiomètres rotatifs de réglage de niveau de sortie. Ces couleurs se retrouvent également sur l’écran LCD couleur tactile. Il suffit donc d’équiper les microphones des intervenants avec des bonnettes de couleur ou plus simplement d’adhésifs colorés et le tour est joué !

Un design différent

Chez Tascam, ce sont des diodes de couleur qui permettent d’identifier chacun des 4 microphones qu’on peut y connecter. Deux de moins donc que sur le modèle Zoom. Notez que sur le Tascam, l’entrée numéro 1 du microphone peut être attribuée à la prise jack TRRS de la sortie casque située sur l’avant. Un simple cordon de smartphone doté d’un microphone peut donc à la fois servir au monitoring et à l’enregistrement de la voix. Les autres entrées du Mixcast 4 sont dédiées à l’entrée USB-C (le son qui vient d’un PC ou Mac), un jack TRRS pour un smartphone ou une entrée analogique et 2 jacks mono (Line In). Une connexion Bluetooth permet de relier un smartphone. La dernière entrée est réservée à 8 boutons tactiles pour lancer des jingles préenregistrés. D’un point de vue ergonomique, les commandes du Mixcast 4 s’inscrivent totalement dans la ligne des produits de studio professionnels, avec des potentiomètres linéaires sur une large course, presque deux fois plus longue que sur le modèle Zoom. Malheureusement, ce qu’on gagne en précision, on le perd en encombrement. Le Mixcast 4 est plus lourd et plus volumineux que le Zoom P8. Il est clairement conçu pour être utilisé à plat dans une régie ou un studio. Du fait de la prise casque en avant de console, il ne peut pas être relevé, contrairement au Zoom P8.
Petite astuce au passage : le porte-tablette en bois Ikea VIVALLA (16,99 €) permet de faire tenir le Zoom P8 parfaitement en position quasi verticale (voir photo) !

De bons préamplis

Pour ce qui concerne la qualité d’enregistrement proprement dite, les deux consoles sont dotées de préamplis à très faible rapport signal/bruit. Les deux s’accommodent de microphones à très faible niveau de sortie. Par exemple, le fameux microphone SM7B de Shure, connu pour sa qualité mais également son faible niveau de sortie, peut se connecter directement aux consoles, sans préampli ou compresseur en amont. En termes d’usage par contre, les deux consoles ont des philosophies assez différentes. Les sons divergés sont enregistrés dans les deux cas directement sur une carte SD amovible. La fréquence d’échantillonnage est de 44,1 kHz pour le Zoom P8 et 48 kHz pour le Mixcast 4, qui colle mieux aux habitudes des professionnels de la vidéo. Les fichiers .WAV sont enregistrés séparément sur la carte SD du Zoom, mais “fusionnés” sur le Mixcast 4.

Un logiciel dédié

L’enregistrement sur le Tascam produit un fichier .WAV à 48 kHz qui doit être importé dans un logiciel DAW, comme Audition ou Pro Tools. Les pistes multiples s’ouvrent “en vrac” et de manière totalement séparée (2 pistes mono pour une voie stéréo). Il est fortement recommandé d’utiliser plutôt le logiciel “maison” Tascam Podcast Editor, disponible gratuitement sur le site Tascam en versions Windows et macOS. Le téléchargement du logiciel est assez rapide, mais nécessite un identifiant et un mot de passe de compte utilisateur Tascam. Les pistes sont nommées de manière automatique, avec une interface couleur assez intuitive. Une fonction de réduction de bruit automatique est intégrée au logiciel… à utiliser avec modération, car la suppression totale des inspirations avant une phrase donne la désagréable impression d’une écoute en apnée. Le logiciel comprend en outre des fonctions assez pratiques, comme le montage des pistes et leur allongement ou raccourcissement temporel sans changer le pitch du discours. Il est possible d’enregistrer la session multipiste directement dans le logiciel pour peu que le Mixcast 4 soit connecté à un PC ou un Mac (via son port USB-C). La console est alors reconnue comme une interface son externe.


En résumé, les deux consoles remplissent parfaitement leur office et sont accessibles à des utilisateurs novices de matériel de mixage. Il suffit de quelques heures pour se familiariser avec l’interface, et la technique se fait rapidement oublier pour permettre de se concentrer sur le contenu. Le choix entre les deux modèles se fera essentiellement en fonction de l’usage qui en est fait : plutôt en mode “studio” pour le Tascam et en mode “polyvalent/nomade” pour le Zoom. À vos micros !

Journaliste de presse spécialisée audiovisuelle depuis 30 ans (Le Haut Parleur, Cinema chez Soi, le Technicien du film, Les années Laser, Ecran Total). Auteur du livre “Le cinéma numérique : la technique derrière la magie” (Editions Dujarric). Animateur d’émission de cinéma sur Radio Rivage, auteur de podcasts sur la musique de film disponibles sur la chaine Total Trax. Passionné d’IA générative, actuellement en formation à la Data Analyse et au Deep Learning.
Philippe LORANCHET
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À propos de l'auteur /

Journaliste de presse spécialisée audiovisuelle depuis 30 ans (Le Haut Parleur, Cinema chez Soi, le Technicien du film, Les années Laser, Ecran Total). Auteur du livre “Le cinéma numérique : la technique derrière la magie” (Editions Dujarric). Animateur d’émission de cinéma sur Radio Rivage, auteur de podcasts sur la musique de film disponibles sur la chaine Total Trax. Passionné d’IA générative, actuellement en formation à la Data Analyse et au Deep Learning.

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